JEREMY DEWINTER > D’authentiques tranches de vies…



L’univers de Jeremy Dewinter, un artiste Lillois, est assez singulier. De ses mélodies, simples, douces, élaborées à la guitare, comme de ses textes forts et personnels, ou encore de sa voix aux modulations et trémolos maîtrisés, il nous touche, nous parle.

Ses premiers albums remontent aux alentours de 1991. Des titres réalisés en duo avec son cousin Frédéric Parmentier, sous le nom de «Different Face». De l’aveu même de l’auteur, ces premiers essais n'ont leurs places que dans un tiroir, tout comme toutes ses productions jusqu’à 1997.
Il ne publiera d’ailleurs ses albums qu’à partir de début 2006, l’époque de sa découverte des Licences Libres, lors d’un reportage traitant des 1ers sites internet dédiés aux artistes dits «libres» diffusé sur la télévision nationale.

Je passerai rapidement sur les 5 albums de la période 1997-2006, aujourd’hui indisponibles, par choix de l’auteur. Jeremy y faisait ses armes sur du matériel rudimentaire (4 pistes analogique), en solitaire ou entouré d’amis, notamment Pierre-Yves Ravez. Il y affinait le style qu’il développe aujourd’hui, une pop-folk francophone acoustique sur des textes sensibles. On ne peut pas vraiment dire que Jeremy révolutionne quoi que ce soit musicalement, tout se joue sur son interprétation à fleur de peau.
Il rejoint un groupe en 2006, Stan’za avec qui il reprend son répertoire sur des arrangements plus pop-rock cette fois.

Mais, en solitaire, il réalise alors «Une belle vie» (2006) - qu’il considère comme son premier véritable album - avec un ami (basse/batterie), rencontré via le web sur les plateformes de libre diffusion. Cet opus sera d’ailleurs enregistré via le web, les deux compères ne s’étant alors jamais rencontrés physiquement.

L’album semble spontané. Pas vraiment de fioritures, l’auteur nous emmène dans son monde, ses douleurs, son enfance, il nous livre des tranches de lui, des tranches de vie. Si l’auditeur perçoit les textes comme une sorte d’autobiographie, l’auteur avoue qu’il se sert de ses propres expériences, mais précise que certains morceaux («Petit indifférent» par exemple), sont totalement scénarisés. Le scénario tient la route, puisque l’auditeur peut aisément s’identifier aux histoires musicalement contées.

Des moqueries de cours d’école («Besoin de ça») au quotidien ancré dans le réel de l’homme d'aujourd'hui («Un homme moderne»), d'une pop édulcorée à un soft folk sur base de djembé, Jeremy Dewinter est tout simplement «juste» !

Même formule, même duo pour l’album suivant «Certitudes» (2009). On retrouve les thèmes qu’affectionne l’auteur, sur des mélodies simples et efficaces qui restent bien en tête («Love», «Lise»). Le mixage plus homogène et les churs plus audacieux sont les points forts de cet opus. Les mêmes ingrédients, préparés peut-être plus soigneusement, sont un nouveau régal pour qui aime les petits plats intimistes en tête à tête, à la lueur d’une chandelle. Jeremy est comme ça, toujours sur la corde sensible.

Et le tout est publié sous Licence Libre, dont Jeremy Dewinter reste un fervent défenseur, pour notre plus grand plaisir.

Authentique, sincère, touchant, Jeremy Dewinter nous offre des tranches de vie, de manière très poétique, apportant un soupçon de rêve, de bien être, d’amour, de tendresse, de tristesse et de nostalgie, à nos quotidiens pas toujours radieux. Il nous emmène dans une sorte de voyage en introversion,en réflexion sur nos propres vies.

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Un article de Yome

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