TAYLER.D article par le webzine " L'AMPLIFICATEUR " rédaction : Emmanuel Magnant
Publié le 01/08/2010 20:18 - 0 commentaire(s)
A bien y réfléchir, il nous manquait un trait d'union entre la foisonnante scène Electro melunaise (incarnée par le collectif nn-19.concept, Karim Hesham, Aurélien Jeasay, Dirty Sound R3D...) et l'imposante scène Rap locale (pilotée par Dewawa, Desko, le collectif Assaut, Kata, Edn...). Ce trait d'union c'est Tayler.D qui nous l'offre sur un plateau, ou plutôt sur un album mixant beats Hip Hop, lignes de basse lancinantes ou exubérantes funky ou jazzy, samples de flows fédérateurs, scratchs sauvages, percus africaines, et sonorités Electro en retrait mais bien présentes. Un vrai fourre-tout me direz-vous ? Pas vraiment, simplement la digestion d'influences pointues et vraiment succulentes, intelligemment orchestrées sur un disque, sans en rajouter et sans en faire trop. Les 13 titres de cet album sont alignés de manière à ce que votre tête soit toujours en mouvement, que vos pieds battent le temps et que vos épaules élaborent un léger va-et-viens incontrôlable, signes que vous vous êtes fait envouter par cet « Eclectmix » (ce titre résume à merveille l'album !).
La recette de Tayler.D se résume à la maîtrise du groove, mise au service de l'exigence musicale. Un exigence qui ne s'exprime pas par une complexité d'accès mais davantage par une maitrise technique de l'enchevêtrement et de la superposition des sonorités issues à 89 % de ce qu'on appelle la Black Music (de 1960 à nos jours). Les 10 % restantes proviennent de la musique africaine à laquelle notre musicien rend hommage avec justesse (et justice finalement). (le 1% c'est le petit clin d'il western Folk qui se transforme d'ailleurs rapidement en riffs funk).
Tayler.D rappelle donc à notre bon souvenir l'importance du Ghetto Blaster en l'ayant quand même bidouillé pour y brancher son baladeur mp3, et on ne peut que s'en réjouir !